Si Benoit Hamon devait l’emporter, il nommerait un premier gouvernement comprenant probablement son carré de fidèles aux postes clés. L’avantage dont bénéficie en effet M. Hamon, par rapport à Jean-Luc Mélenchon, est que le PS constitue un vivier de cadres aptes à prendre en mains l’appareil d’Etat. Il élargirait ensuite sa majorité, en mettant en œuvre l’union de la gauche qu’il aura sans succès cherché avant la premier tour, aux cadres du PCF et de la France insoumise, deux formations qui auront alors sans aucun doute appelé à voter pour lui au second tour de l’élection présidentielle.

Fidèle à son mantra du « futur désirable », son premier serait sans donc doute jeune et ouvert à toute la gauche, des communistes aux radicaux. Dans une volonté de modernité, il nommerait probablement une femme au poste de premier ministre. Christiane Taubira offrirait sans doute un profil à la fois mobilisateur et expérimenté. Benoit Hamon nommerait en outre d’autres personnalités du PS qui ont fait sa campagne : Najat Vallaud Belkacem, Axelle Lemaire, Guillaume Balas, Mathias Fekl. De plus, il nommerait plusieurs ministres issues d’EELV tels que Cécile Duflot, Yannick Jadot et d’autres sans doute moins connus du grand public. Ses adversaires loyaux de la primaire, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Jean-Luc Benhamias, obtiendraient sans doute un ministère. Enfin, les « experts » issus de la société civile qui l’ont soutenu, à savoir Thomas Piketty, Julia Cagé, Dominique Méda ou Edouard Martin seraient soit conseillers à l’Elysée, soit titulaires de portefeuilles ministériels. Pierre Laurent pourrait aussi symboliser la participation des communistes à ce gouvernement d’union de la gauche.

Ce gouvernement aurait pour objectif dès l’été 2017 de mettre en place la conférence citoyenne chargée de rédiger une nouvelle constitution soumise à référendum et de permettre la mise en œuvre de la transition énergétique et plus globalement du volet écologique, avec un poste de vice-premier ministre au développement durable, vraisemblablement confié à un écologiste.

Dans ce contexte, à l’instar du scénario présenté en cas de victoire de M. Mélenchon, seule la droite semble en mesure de contester une majorité à l’Assemblée nationale. Le cas échéant, le président Hamon devrait se concentrer sur la réforme de la Constitution tandis que la droite assumerait la gestion exécutive du pays.

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