5 scénarios pour 5 président(e)s

Scénario A : victoire d’Emmanuel Macron

Scénario B : victoire de Marine le Pen

Scénario C : victoire de François Fillon

Scénario D : victoire de Jean-Luc Mélenchon

Scénario E : Victoire de Benoit Hamon

“Cette élection présidentielle est absolument unique en son genre”.  Bien des éditoriaux ou des articles de presse reprennent désormais cette expression. Elle traduit la mutation du paysage politique et institutionnel Français. Les difficultés auxquelles sont confrontées les gouvernements, notamment depuis la crise de 2008 les font apparaître comme illégitimes, tout comme les institutions qu’ils représentent. L’émergence face au PS de deux candidats, l’un altermondialiste et l’autre progressiste refusant le clivage gauche-droite rebat non seulement les cartes à gauche aux dépends de la domination et de la vocation majoritaire du PS, mais instaure également au moins pour ce quinquennat un quadripartisme. En effet, désormais, quatre forces politiques de force relativement égales, peuvent prétendre à l’accession au pouvoir : l’extrême-droite, réactionnaire sur le plan des valeurs et portant un discours économique à vocation sociale, la droite, conservatrice et libérale économiquement, le centre, libéral-libertaire, et la gauche altermondialiste pourraient, le soir du 23 avril, se tenir dans un mouchoir de poche. Cette configuration est inédite, en 2012, Mme Le Pen, troisième, accusait en effet un retard d’environ 10% sur le second, Nicolas Sarkozy. Le quatrième, M. Mélenchon, accusait quant à lui un retard d’environ 16% sur Nicolas Sarkozy.

Mais au-delà de la question des personnes et de la présidentielle, l’une des conséquences de cette mutation est, pour la première fois depuis l’adoption du quinquennat, l’incertitude sur la capacité du Président élu le 7 mai prochain à pouvoir disposer d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Il devrait alors composer avec les principales forces en présence. Cette note présente plusieurs scénarios de formation d’un gouvernement après les présidentielles, et explore la capacité à gouverner du prochain ou de la prochaine présidente.

Aucune force politique ne semble en mesure de gouverner seule, à l’exception peut-être de la droite républicaine, ce qui ouvrirait après les présidentielles de multiples tractations susceptibles d’éreinter un peu plus les formations politiques anciennes, et de fragiliser les nouvelles en leur faisant perdre leur « fraicheur ».

Le système politique français pourrait, après les législatives, en théorie osciller entre des cohabitations « extrêmes » (par exemple : présidence Le Pen – gouvernement de coalition progressiste dominée par En Marche ; présidence Mélenchon et gouvernement Les Républicains) ou des grandes coalitions auxquelles la France n’est pas habituée (présidence Macron – gouvernement centre droit ; présidence Fillon – gouvernement de droite dure).

Dans toutes les hypothèses, l’équation est très ouverte avec deux risques principaux : l’ingouvernabilité du pays, ou les petits arrangements politiciens qui dégouteraient encore un peu les citoyens après une élection lors de laquelle chacun a prétendu vouloir rompre avec le système.

Scénario A : victoire d’Emmanuel Macron

Scénario B : victoire de Marine le Pen

Scénario C : victoire de François Fillon

Scénario D : victoire de Jean-Luc Mélenchon

Scénario E : Victoire de Benoit Hamon