Chers amis, 

C’est pour point d’aencrage la cinquième rentrée depuis sa création en décembre 2012. Notre projet initié par des jeunes issus des quatre coins de la gauche portait dès l’origine une colère face à des politiques qui s’étaient largement coupés de l’énergie de la société civile et qui se montraient incapables d’inventer et de répondre aux préoccupations des citoyens, en particulier les plus vulnérables.
Cette rentrée est à cet égard particulière. Après une présidentielle au climat délétère, le paysage politique est en friche. Point d’aencrage avait au second tour des présidentielles appelé sans hésiter à voter pour Emmanuel Macron. Son adversaire rendait cette décision évidente. Par ailleurs, si des critiques et des zones d’ombres sur le programme d’En Marche transparaissaient déjà, le bénéfice du doute devait à nos yeux prévaloir. Il aurait été illogique de disqualifier un mouvement en cours de structuration alors que point d’aencrage a systématiquement appelé à une rénovation des institutions et des pratiques politiques.   
 
Les 100 premiers jours ont toutefois levé une partie des doutes. Sur la forme, la pratique du pouvoir du nouveau Président reproduit les excès de la Ve République plus qu’elle ne traduit concrètement les engagements à renouveler la scène politique. Sur le fond, le gouvernement d’Edouard Philippe penche pour l’instant indiscutablement à droite. Alors que d’autres options étaient possibles, ses orientations consacrent un consensus économique (flexibilisation déséquilibrée du marché du travail et approche purement comptable des finances publiques notamment) tout aussi épuisé aujourd’hui qu’il ne l’était pendant les mandats précédents. Elles consacrent aussi des glissements sécuritaires qui ne peuvent répondre aux enjeux de long terme de la menace terroriste. Elles frappent enfin par l’absence de prise en compte de l’urgence sociale dans les territoires vulnérables de la République.
Parallèlement, l’élan européen qu’Emmanuel Macron a insufflé est salutaire. Une relation renouvelée semble possible avec l’Allemagne et les problèmes de l’Union sont clairement posés : défense des valeurs du projet européen, réforme de la zone euro, engagements sur la fiscalité, réglementation du marché européen, réforme des institutions, défense européenne.
Sur la scène internationale, E. Macron a aussi lancé depuis le tout début de son mandat de multiples initiatives, dont il est trop tôt pour évaluer les résultats mais dont l’ambition semble à la mesure des enjeux.
Par ailleurs, face à ces premiers mois d’exercice du pouvoir, la gauche a montré l’ampleur de son échec. Son principal parti s’est écroulé aux présidentielles comme aux législatives. En dépit des tentatives de résistance de la France insoumise et de la Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale, la gauche est institutionnellement en ruine et idéologiquement perdue. Dans ce contexte, le risque qui la guette est d’une part l’opposition sans propositions, et d’autre part l’enlisement dans les mêmes manœuvres d’appareil qui les ont porté au bord du précipice.
Point d’aencrage a depuis cinq ans publié une centaine de notes, organisé des dizaines d’événements publics et porté ses propositions auprès des responsables politiques. Point d’aencrage a ainsi établi de solides fondations qui en font un lieu de travail et d’expression privilégié à gauche. Nous souhaitons poursuivre et être acteur de l’indispensable refondation sur l’économie, la laïcité, la réforme des institutions, l’Europe,…et accueillir tout ceux qui veulent y prendre part. 
 
Pour ce faire, nous poursuivrons notre action avec la société civile, à travers des débats, des formations et l’animation d’ateliers citoyens. Nous lancerons de nouveaux groupes de travail, notamment sur la lutte contre le terrorisme. Dans les prochains jours, nous reprendrons nos publications, en commençant par une série sur les territoires fragiles, de la banlieue aux espaces ruraux. Nous lancerons dès le mois de septembre une nouvelle série de petits-déjeuners, nos « cafés crème », sur le renouvellement de la gauche, en commençant par accueillir Boris Vallaud, Emmanuel Gregoire et David Djaiz. 
 
Notre think tank est un point d’ancrage pour une gauche européenne, sociale, écologique, capable de gouverner et d’innover. La gauche est en morceaux mais elle reste un horizon possible et nécessaire.
L’équipe de Point d’æncrage.